Collectifs de photographes

Pour démarrer cette année 2012, nous vous proposons d’aller à la découverte de collectifs de photographes.

PictureTankQui sont les collectifs de photographes ? Je reprendrai volontiers les mots de Philippe Deblauwe, fondateur de l’agence photo Picturetank : les photographes d’un collectifs « au moins, [ils] savent ce que signifie travailler à plusieurs ». A la différence d’un Club Photo où se juxtaposent assez souvent des travaux de photographes sans projets communs, les travaux d’un collectif sont basés sur une réflexion commune et un travail en amont sur les projets.

Expérience humaine et collective, l’objet est souvent de créer un langage singulier et de réunir l’espace d’un projet, le regard de photographes sur un sujet particulier, de confronter les images et de faire émerger ensemble une œuvre collective, livre, exposition.

Groupes éphémères ou amitiés fortes et durables, les collectifs donnent à la photographie sa respiration, ses espaces de découvertes et de création, dans une dimension humaine qui est le sel du travail photographique.

 

Comme le définit très justement le collectif ITEM, « l’image est notre langage. Elle fait débat ».

Cependant les collectifs de photographes sont en crise, comme l'ont été et le sont les agences. Comme l'indiquait Guillaume Herbaut en décembre 2009 du collectif "l 'Oeil Public", "Le regroupement de photographe dans un collectif de quatre ou cinq photographes, c’est pour moi aujourd’hui dépassé. Les métiers se croisent aujourd’hui. Pour qu’un collectif puisse exister, il faut une revendication forte, sinon cela ne sert à rien (...) Un photographe est d’abord un individu avant d’être dans un groupe. Il doit créer sa propre structure qui peut faire sous-traiter certains travaux par d’autres entreprises qui font cela mieux que lui-même ou qu’un petit groupe de photographes. C’est aberrant de se battre pour créer une structure de diffusion des images alors que les services de photos de la presse sont de plus en plus réduits et tendent à disparaître. (...) Il vaut mieux déposer nos images dans des agences qui fonctionnent pour, à coté de cela, se concentrer sur la production; c’est beaucoup plus logique" (Photographie.com, 25 décembre 2009).

Et d'ajouter "Comme le monde de la photographie est en train de changer, nous sommes obligés de tout revoir à zéro".

Alors quel avenir pour les collectifs ? A la vue des collectifs les plus dynamiques, de ceux qui perdurent, de ceux qui se créent, l'évolution récente semble donner raison encore à Guillaume Herbaut qui indiquait en conclusion de son interview en 2009 : "Un collectif doit se détacher des problèmes de l’économie, les sous-traiter pour n’exister que dans la revendication."

bretagne sensibilitéBretagne Sensibilité, collectif regroupant une vingtaine de photographes depuis 2003, autour du portrait et de la photographie de nu.
TRANSIT, collectif de 6 photographes sur Montpellier, depuis 8 ans, viennent de publier en 2011 un reportage sur la Belgique réalisé en 2010 et dont le sujet central était cette scission linguistique et géographique, entre Flandres et Wallonie, entre campagne, bord de mer et vie citadine.

 

 

 


Tendance floueTendance Floue est un collectif de quatorze photographes, créé en 199. « Au-delà de leur démarche individuelle, les quatorze photographes se lancent, ensemble, dans des aventures photographiques aux allures de performances. Confrontation des images, assemblages, combinaisons : du travail mis en commun sort une matière neuve. »

 

 

 

 

 

itemLe collectif ITEM réunit 5 photographes autour d’une approche nettement affirmée : « Collectif, n’est pas une étiquette mais une façon de travailler et de décider ensemble pour défendre des valeurs communes. Un engagement qui ne concerne pas que le choix des sujets, mais aussi la façon de faire au quotidien ».

 

 

 

 

 

Voir également le collectif INCARNAT, situé à Arras (62), dont l’activité photographique, expositions, reportages, est particulièrement intéressante.


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